En outre, de nombreux jeunes employés ont le sentiment qu'ils recevront moins que leurs aînés du système de prévoyance suisse, ce qui peut les amener à penser qu'ils ont un besoin plus important d'éducation et de flexibilité de la part de l’institution de prévoyance par rapport à ce qui est généralement fourni aujourd'hui. Une statistique frappante est que 65% des employés pensent qu'ils n'épargnent pas assez pour la retraite par rapport à ce qu'ils devraient. L'écart potentiel en matière d'épargne-retraite est le plus important chez les employés à bas salaire et les femmes. Pour ces personnes, l'incapacité d'épargner à court terme rend souvent difficile l'atteinte des objectifs de retraite à long terme.
Le tableau montre que 65 % des travailleurs estiment qu'ils n'épargnent pas assez pour leur retraite par rapport à ce qu'ils devraient.
Ils épargnent 9 % de leurs revenus alors qu'ils devraient en épargner 14 %. Il en résulte un écart de 5 %.
La réponse à ce défi réside à la fois dans la réforme et dans une meilleure éducation des employés, mais il est certain qu'en termes de communication et de technologie, il est intéressant de constater que les employés qui utilisent des applications digitales de retraite sont plus susceptibles d’affirmer que leur plan de prévoyance répond à leurs besoins. En effet, près de 70% des employés qui utilisent régulièrement de telles applications trouvent que leur plan de prévoyance répond à leurs besoins. Toutefois, l'utilisation globale par les employés d'applications pour le suivi et la planification de la retraite n'est que d’environ 9 % aujourd’hui en Suisse, principalement parce que peu d'applications de retraite sont encore proposées sur le marché. Il s'agit d'un domaine dans lequel les employeurs et leurs institutions de prévoyance pourraient faire une réelle différence en offrant de meilleurs outils de communication (tels que des applications) permettant d’améliorer l'appréciation et la compréhension par leurs employés de la valeur des prestations de prévoyance offertes et de la manière de planifier leurs objectifs à long terme.
L'investissement des actifs des institutions de prévoyance fait également l'objet d'une attention accrue sur le marché suisse de la prévoyance ces derniers temps, car de plus en plus d'employeurs et d’institutions de prévoyance doivent tenir compte des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leurs décisions d'investissement. Les facteurs ESG ne sont pas seulement des facteurs financiers liés à la qualité d'un investissement, ils peuvent également en dire long sur la durabilité d'un investissement. Notre enquête montre qu'environ un tiers des employés ont une préférence éthique pour l'ESG (indépendamment de l'impact sur les résultats en termes de rendement), tandis que les deux tiers restants préfèrent se concentrer sur la réalisation d’un rendement maximal et ont des points de vue différents sur la façon dont l'investissement ESG se comportera à long terme. Il est intéressant de noter que la grande majorité de ceux qui souhaitent se concentrer sur les rendements maximums ne sont pas certains de l’impact ou pensent que les approches ESG entraîneront des rendements inférieurs à long terme. Il est clair qu'un travail est nécessaire pour comprendre l'impact des pratiques ESG sur les rendements et les risques d'investissement à long terme, en particulier si l'on considère le domaine en développement du marketing "greenwashing", dans lequel les produits d'investissement utilisent des tactiques de marketing pour paraître plus respectueux de l'environnement sans que ce ne soit forcément le cas. D'une manière générale, nous pouvons constater que les institutions de droit public sont généralement tenues d'évaluer leur approche en matière d'ESG car ils rendent généralement compte aux autorités publiques.
Enfin, même si les récentes idées de réforme ont du mal à trouver un consensus, le paysage de la prévoyance évolue rapidement et, plus récemment, le retour de l'inflation pourrait également obliger les employés à s'adapter à nouveau pour gérer leurs attentes concernant l'âge de la retraite, le niveau de prestation attendu et le niveau de cotisation requis. Une statistique quelque peu alarmante de cette enquête est que, malgré tous les défis mentionnés par les employés en matière de planification de la retraite et leur déficit autoproclamé en matière d'épargne-retraite, il y a encore environ 80 % des employés suisses qui s'attendent et espèrent prendre leur retraite à l'âge normal de la retraite ou avant. La retraite fournira-t-elle toutefois un revenu suffisant à ces employés ?